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2009

 Projets réalisées 2009


Nicaragua - Récolte d'eau pendant la saison des pluies à Carazo


L’été dernier, IzG a réalisé avec grand succès une mission dans la province Carazo au Nicaragua.  Les ingénieurs agronomes Tim De Lange et Ellen Cocquyt ont étudié les possibilités de récolte d’eau pendant la saison des pluies afin de l’utiliser pour la culture de légumes pendant la période sèche. La production de haricots, café, riz et de différents légumes comme les tomates, poivrons, choux… ne se fait que pendant la période des pluies. Le prix des légumes est plus élevé pendant la période sèche parce que l’on ne peut pas les conserver (à l’exception de riz et de haricots) pour la consommation pendant cette période. De là l’intérêt de pouvoir cultiver une petite quantité de légumes (pour sa propre consommation et éventuellement pour la vente au marché) pendant la période sèche. Pour cela on a besoin d’une quantité non négligeable d’eau.  

Pendant les premières deux semaines, les ingénieurs agronomes Tim et Ellen ont rendu visite à plusieurs cultivateurs de légumes dans la province de Carazo.  A l’occasion de ces visites ils ont pu se rendre compte de la situation réelle et constater les problèmes et besoins. Ils ont constaté que plusieurs cultivateurs disposent d’un petit bassin à eau en béton (5 à 20 m³) dans lequel ils récoltent de l’eau, mais uniquement l’eau de pluie qui y tombe dessus, alors que l’on pourrait en recueillir beaucoup plus en récoltant l’eau des toitures par l’intermédiaire de gouttières. Ils ont également constaté qu’il y a de plus grands bassins (jusqu’à 1000 m³) mais ceux-ci sont fissurés par manque d’entretien avec la perte d’eau comme conséquence.

 

Pendant la troisième semaine de leur séjour, Tim et Ellen ont élaboré différentes solutions pratiques en illustrant par des calculs simples combien d’eau peut être collectée via la récolte d’eau de la toiture ou en réalisant un patio. En même temps ils ont démontré combien de plantes peuvent être cultivés dans la période sèche. A coté des moyens de récolte d’eau, l’accent a été mis sur l’utilisation économe de l’eau pendant la période sèche au moyen de la méthode d’irrigation « goutte à goutte » par exemple. Des solutions ont été développées en détail avec en annexe une estimation du coût pour un grand nombre de fermes

 

Photo 1: Bassin d’eau de pluie (1000 m³) sans système de récolte; l’eau de pluie ne peut être récoltée que d’en haut. Cela fait obstacle au remplissage complet du bassin.

 

Photo 2: Une brève explication des différentes adaptations de ce petit puits d’eau.

 

Photo 3: Faire le relevé des jardins potagers pour le calcul de la consommation d’eau par m².

 

Photo 4: Faire le relevé d’un bassin d’eau  pour définir combien de poivrons, tomates, choux… peuvent être cultivés avec un bassin plein.

 

Photo 5: Repas d’adieu  dans la famille d’accueil.


Guinea-Bissau

Ingenieurs zonder Grenzen (IzG) a réalisé avec succès une mission en Afrique de l’Ouest au printemps de l’année 2009. L’ingénieur agronome Célestin Claeys y a travaillé dans le cadre de la Participation Flamande “Eau” pour le Développement. Dans ce projet, IzG était partenaire d’une part de l’ONG Belge « Bevrijde Wereld » (Monde Libéré) et d’autre part d’Aprodel, une ONG locale en Guinée-Bissau. Le but de la mission était de réaliser une étude d’approvisionnement en eau de la région, afin d’y créer ainsi de meilleures conditions de développement.

Suivant UNICEF/WHO seulement 48 pourcent de la population rurale a accès à de bons points d’eau. Il n’y a de dispositions sanitaires que pour 23 pourcent de la population. La qualité de l’eau potable laisse encore souvent à désirer et en saison sèche les réserves d’eau souterraines sont souvent épuisées.  

L’ingénieur agronome Célestin Claeys a été sur place pendant une période de trois mois. Le but était de réaliser une étude de la situation actuelle en collaboration avec l’ONG locale Aprodel. Il a réalisé un travail sur le terrain, sur base d’inspections, d’analyses de la qualité de l’eau, d’enquêtes, etc. il a décrit la situation d’une façon aussi précise que possible. Cela a permis d’élaborer des recommandations en vue de la réalisation de l’ approvisionnement durable et de la purification d’eau, ainsi que des installations sanitaires. La surface du terrain est comparable à celle de la Flandre, mais avec une densité de population très réduite. On la parcourt de village à village en moto ou en voiture et on trace la carte de chaque village. L’inspection de l’infrastructure a permis d’estimer la durabilité de l’approvisionnement en eau. Des sondages ont donné une idée de la capacité des points d’eau pour satisfaire les besoins de l’agriculture, l’élevage et l’usage domestique. La prise d’échantillons et l’analyse en situ ont été faites pour évaluer la qualité chimique et bactérienne de l’eau. Des interviews ont permis de connaître les besoins en eau et hygiène de la population. 

A certains endroits, la situation paraissait être dramatique. A partir du mois d’avril, les puits traditionnels se tarissaient et le manque d’eau se manifestait rapidement. L’eau des puits traditionnels paraissait dans 84 pourcent des cas être très contaminée par des bactéries fécales. Cela montre donc le risque de propagation de maladies. Pourtant beaucoup de gens avaient accès à de meilleurs points d’eau à une distance raisonnable (max. 500m). Cependant plus que la moitié de la population rurale paraissait utiliser régulièrement les points d’eau traditionnels contaminés. C’est là qu’il y avait le défi le plus important: il était urgent d’établir un programme de réduction du nombre de puits traditionnels (souvent il y avait un puits par vingt personnes) et de protéger les puits traditionnels restants contre la contamination. Cela exige une vision à long terme : on explique aux habitants où se trouvent les problèmes et comment on peut les aborder par des méthodes très simples. En outre, l’augmentation du nombre de points d’eau modernes reste évidemment une priorité. Le partenaire Belge, l’ONG “Monde Libéré” prévoit pour cela un financement à coté d’autres fondations Espagnoles, Néerlandaises et Saoudiennes.

Photo 1: Quand tout allait bien, on pouvait faire les analyses d’eau dans un petit local d’école.

Photo 2: Les puits traditionnels ne sont que des trous creusés à la main dans le sol,  autour desquels on a posé une bordure de fortune. Le risque de contamination y est donc à l’avenant. Les moyens financiers pour l’entretien de l’infrastructure sont très difficiles à trouver…

Photo 3: C’était une expérience inoubliable de pouvoir travailler dans ce pays.


Photo 4: Célestin: “J’admire la joie-de-vivre incroyable des Guinéens alors qu’ils sont obligés de vivre dans des situations très difficiles”.

 


Sénégal

Bevrijde Wereld/Terre Nouvelle, une ONG à Sint-Niklaas Belgique a un accord de coopération avec  GADEC (Groupe d’Action pour le Développement Communautaire) à Tambacounda à l’Est du Sénégal. Par le biais de Bevrijde Wereld/Terre Nouvelle il y a un financement de projets au profit de GADEC par la Communauté Flamande.

 

Beaucoup de projets “GADEC” concernent l’approvisionnement d’eau à Peuhl et dans d’autres villages, entre autres la construction de châteaux d’eau alimentés à partir de puits forés (jusqu’à 100 m de profondeur dans certaines régions). A l’époque ces travaux étaient confiés à des entreprises de construction, mais compte tenu de la grande distance entre Dakar et ces villages (800km), les entrepreneurs ne s’intéressent plus ou très peu à cette activité. Le déplacement par des très mauvaises routes serait justifié si l’on pouvait commander disons 5 châteaux d’eau à la fois…ce qui n’est pas possible dans les conditions actuelles.

 

GADEC a pris la décision courageuse de construire lui même sur base d’un projet établi par un petit bureau d’études à Tambacounda. Ainsi ils construisaient déjà 4 châteaux d’eau avant 2009: 50 m² avec une hauteur de 10 à 20 m.

 

Bevrijde Wereld/Terre Nouvelle a exprimé le souhait de faire contrôler le projet ainsi que la méthode d’exécution et a contacté IzG avec la demande (1) d’évaluer le projet et (2) de faire contrôler l’exécution sur place par un ingénieur expérimenté et qualifié.

 
Les ingénieurs civils Paul BAYENS et Hugo WILLEMS se sont portés volontaires pour faire les contrôles et ont fait des suggestions de petites améliorations au projet. En effet, dans l’ensemble le projet était acceptable.

 

Ir. Hugo Willems a été sur place pour inspecter les 3 châteaux d’eau des 4 déjà construits et a assisté à la préparation et au démarrage des travaux du 5-ième. Or il y avait très peu de remarques à faire. GADEC fournit un travail parfait, y compris le montage délicat des coffrages de la cuve.

Bevrijde Wereld/Terre Nouvelle a également transmis une trousse d’examen d’eau DELAGUA OXFAM à GADEC, et ir. Hugo Willems a donné une formation d’utilisation de cette trousse. Ceci était certainement très utile parce que ce type de contrôles se font très rarement au Sénégal. GADEC est maintenant capable de faire des examens d’eau lui-même, non seulement pour ses propres projets, mais également contre paiement pour les nombeux projets d’eau d’autres doneurs qui sont eux-mêmes demandeurs. 

 Photo 1: Vue de face               

 

Photo 2: Vue de dessous

 

Photo 3: Analyse d’eau